Politiques de mixité à l’école


ANGLETERRE. Politiques d'admission dans l'enseignement secondaire
Anne WEST, London School of Economics, Royaume-Uni

À retenir

  • En Angleterre, les parents demandent au minimum trois écoles publiques pour leurs enfants. L’autorité locale ou l’école organisent ensuite les admissions, selon des critères qu’ils rendent publics et basés sur une liste nationale (qui inclue notamment le milieu socioéconomique de l’élève).

  • Les élèves peuvent aussi être sélectionnés selon leurs compétences examinées au préalable, comparativement aux autres élèves postulants, aux compétences des élèves de la localité ou du pays.

  • Une aide financière supplémentaire est accordée aux établissements accueillant des élèves éligibles à la distribution gratuite de repas, afin de les inciter à prendre en compte le critère du milieu socio-économique des élèves dans leur processus de sélection.


BELGIQUE FRANCOPHONE. Assurer à tous un véritable choix et favoriser la mixité sociale, le difficile défi de la politique de régulation du choix scolaire
Christian MAROY, université de Montréal, Canada

À retenir

  • En Belgique francophone, le système de libre-choix de l’établissement par les parents a été condamné pour ses effets inégalitaires ; deux réformes ont été mises en place en 2007 et 2009 pour réguler les procédures d’entrée au secondaire mais très mal accueillies puis supprimées.

  • En 2010, un décret institue une sélection (pour les établissements dont le nombre de demandes est supérieur à l’offre) en deux temps : 80 % des élèves sont pris selon un classement, et 20% des élèves selon des critères spécifiques (issus d’une école défavorisée, frère ou sœur dans l’établissement…) selon un ordre précis institué pour tous les établissements.

  • Ce décret est de nouveau très critiqué, puisqu’il ne permet pas, d’après les études, d’accroître la mixité, de réduire le taux de redoublement, de modifier les a priori des parents sur les différents établissements, ou de modifier les pratiques pédagogiques intra-établissements.


ÉTATS-UNIS. Des expériences multiples au pays de la lutte historique contre la ségrégation sociale à l'école
Richard KAHLENBERG, The Century Foundation, États-Unis

À retenir

  • À la fin de la ségrégation, les politiques de mixité américaines se sont concentrées sur le statut socioéconomique plutôt que sur l’ethnie, et ont valorisé l’école publique.

  • Les recherches montrent que la mixité sociale permet de meilleures améliorations des performances scolaires que  la mixité raciale, et que l’intégration socioéconomique permet l’intégration ethnique.

  • Les charter schools et les magnet schools (écoles publiques) créent des partenariats institutionnels (universités, musées, équipes de sport…) et reproduisent des pratiques pédagogiques d’écoles privées afin de favoriser la mixité en attirant familles défavorisées comme favorisées.


PAYS-BAS. Une approche décentralisée en faveur d'une mixité dans les écoles néerlandaises
Manon PERSOON, Ministère de l'éducation, de la culture et des sciences, Pays-Bas

À retenir

  • Aux Pays-Bas, la liberté d’éducation implique que n’importe quelle personne peut ouvrir une école répondant à des méthodes pédagogiques ou des croyances confessionnelles particulières, recevant différents niveaux de fonds selon le nombre d’élèves issus de milieux défavorisés en son sein.

  • Cette liberté implique une ségrégation de fait selon l’ethnie, le choix fait par les parents ou les critères d’admission de l’école, mais aussi que les moyens qu’ont les municipalités d’œuvrer en faveur de la mixité sont faibles.

  • À travers des expériences, il a été montré que le succès d’une politique de mixité dépend de l’enthousiasme des parents, de l’investissement et de la qualité de l’école, de l’engagement manifesté par l’autorité locale, et du niveau de mixité de l’environnement parental du quartier.


SUÈDE. Diversité, ségrégation et choix de l'école en Suède
Nihad BUNAR, université de Stockholm, Suède

À retenir

  • Plusieurs politiques ont été lancées en Suède : ressources supplémentaires pour les écoles favorisant la mixité, plus de formation pour les enseignants, coopération universitaire, cours supplémentaires de suédois, cours d’été pour encourager la réussite des élèves immigrés.

  • Les politiques de libre-choix des écoles sont à la fois une part du problème et de la solution : elles permettent un choix juste et sans discrimination basé sur le libre-choix et les écoles privées sont accessibles gratuitement, mais encouragent la ségrégation et posent le problème des critères d’admission.

  • Pour que les politiques de mixité réussissent, il faut intégrer toutes les écoles dans le processus, déstigmatiser certaines zones géographiques, encourager des actions pédagogiques de promotion de l’accès au savoir, et réformer la politique de choix de l’école afin de minimiser ses effets négatifs et maximiser ses effets positifs.