Numérique à l’école
Publié le 15 octobre 2020



Le numérique à l’école est le sujet privilégié des idées reçues et des fantasmes sur l’éducation. Le Cnesco publie un ensemble de ressources sur l’usage des outils numériques par les élèves et sur leurs effets sur les apprentissages. Après deux années de travail avec une équipe de chercheurs pluridisciplinaires, ce dossier apporte des éléments inédits sur :

  • les plus-values réelles des outils numériques pour des fonctions pédagogiques particulières (prendre des notes, rechercher de l’information, coopérer, apprendre à distance…) ;
  • le niveau d’équipement informatique des écoles et l’ampleur des inégalités entre les territoires ;
  • les usages et la fréquence d’utilisation des outils numériques dans la classe ;
  • la façon dont le numérique intervient dans la relation école-familles ;
  • et les apports éventuels de l’usage du numérique hors de la classe dans les apprentissages scolaires.

Des effets réels du numérique contrastés selon les fonctions pédagogiques

Pour sortir des débats stériles sur les apports concrets du numérique à l’école, André Tricot a réalisé, pour le Cnesco, une revue de la littérature de plus de 300 articles scientifiques permettant de conclure sur l’efficacité du numérique selon des fonctions pédagogiques précises.

Les collèges et les lycées français mieux équipés en matériel informatique que la moyenne européenne, pas les écoles primaires

Un collégien français dispose en moyenne d’un poste informatique pour 4,5 élèves contre un poste pour 8 élèves en moyenne en Europe. De même, les lycéens disposent de plus de matériel informatique que la moyenne européenne. En revanche, les écoliers français disposent d’un poste informatique pour 12,5 élèves contre un poste pour 8 élèves en Europe.

De fortes inégalités d’équipement en matériel informatique entre les écoles primaires

Ce manque d’équipement informatique des écoles françaises est le reflet de fortes inégalités. Alors que les 20 % des écoliers scolarisés dans les écoles les mieux équipées disposent d’un poste pour 3,7 élèves, les 20 % des écoliers les moins bien dotés disposent d’un poste pour 32,9 élèves.

Des inégalités d’équipement d’origine territoriale

  • Les départements d’Outre-mer apparaissent comme étant les territoires dont les écoles sont les moins bien dotées en matériel informatique au niveau national ;
  • Les écoles de Paris sont mieux dotées que la moyenne en matériel informatique, ce qui n’est pas le cas de celles des départements de la petite couronne ;
  • Les écoles de certaines grandes agglomérations (Marseille, Lyon, Toulouse ou encore Strasbourg) apparaissent comme étant moins bien dotées que la moyenne nationale ;
  • Les écoles rurales sont, en moyenne, mieux dotées en matériel informatique.

À un niveau plus local des inégalités liées, en partie, au revenu des communes

En analysant certains territoires spécifiques, il apparaît que le sous-équipement de certaines écoles est, en partie, lié au niveau de vie médian de la commune. Les écoles des communes les plus pauvres, scolarisant 20 % des élèves de Paris et des départements de la petite couronne, sont moins bien équipées en matériel informatique que la moyenne. En effet, au sein de ces écoles, 69 % des élèves sont scolarisés dans les écoles les moins bien dotées et 11 % font partie des élèves les mieux dotés au niveau national. Ces proportions sont respectivement de 32 % et 33 % au sein des communes les plus aisées de ce territoire.

Un usage du numérique dans la classe pas encore installé au quotidien

En 2018, 36 % des enseignants français au collège déclarent laisser fréquemment leurs élèves utiliser les technologies de l’information et de la communication (TIC) contre 53 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE (Talis 2018). Cependant, l’utilisation des outils numériques se développe ces dernières années dans les établissements français.

Des usages du numérique qui se développent selon les disciplines

Deux enquêtes inédites ont été menées pour évaluer plus précisément les usages spécifiques des outils numériques ainsi que leur fréquence d’utilisation en français et en mathématiques. Au collège, environ un enseignant de mathématiques sur deux déclare faire utiliser par ses élèves un logiciel de programmation au moins une fois par mois et plus de 4 sur 10 un logiciel de géométrie.

 

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