Panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale en France



Panorama des inégalités scolaires d'origine territoriale en France

Les inégalités scolaires d’origine territoriale sont peu explorées et demeurent taboues dans une République une et indivisible. Aussi, le Cnesco a conduit une évaluation très fine des disparités scolaires d’origine territoriale en Île-de-France en se fondant sur la plus petite unité géographie établie par l’Insee, appelée IRIS ou plus communément, quartier. Ce découpage permet de révéler des inégalités invisibles à des niveaux d’études territorialement plus agrégés (par exemple au niveau communal).  Cette évaluation s’est appuyée sur un éclairage national des inégalités socio-spatiales à l’école. Elle révèle que dans des contextes socio-spatiaux et démographiques inégaux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources (humaines, budgétaires, offre de formation…) qui s’avèrent très variables selon les territoires. Ces fortes inégalités de ressources éducatives se développent aux côtés de disparités importantes dans l’orientation et la réussite scolaire.

Des disparités au sein des territoires d’Île-de-France

La composition sociale des collèges reflète globalement celle des territoires sur lesquels ils sont localisés.

La classification fine des territoires effectuée par le Cnesco fait apparaitre cinq types de territoires en Île-de-France. En la croisant avec une classification des collèges, on observe une forte corrélation entre la composition sociale d’un territoire et celle des collèges qui y sont implantés, à l’exception de quelques zones en cours de gentrification de Paris (ex : nord-est).

Les ressources humaines de l’Éducation nationale sont inégalement réparties en Île-de-France

La part des enseignants de moins de 30 ans et des contractuels est trois fois plus importante en moyenne dans les collèges situés dans des quartiers défavorisés. Les collèges localisés sur les territoires appartenant à la catégorie la plus défavorisée ont en moyenne un taux de stabilité des enseignants presque deux fois plus faible que les établissements situés sur des zones plus favorisées.

Les résultats aux épreuves écrites du diplôme national du brevet (DNB) révèlent des inégalités territoriales de réussite importantes

Lorsque l’on considère uniquement le taux de réussite aux épreuves écrites du DNB, on constate que les taux de réussite varient du simple au double selon le type de territoires (57,5 % de réussite dans les territoires parisiens et banlieue très favorisés et 24,3 % dans les territoires cumulant le plus de difficultés socio-économiques, contre 42,8 % en moyenne). Cependant, les élèves ne réussissent pas de la même manière sur tous ces territoires défavorisés. Certains départements comme Paris ou la Seine-et-Marne font davantage réussir les élèves des territoires défavorisés que les autres départements.

Des inégalités au niveau national

Les territoires défavorisés concentrent les taux les plus élevés d’enseignants de moins de 30 ans et de non-titulaires

À la rentrée 2016, les 10 % de communes au revenu médian le plus faible ont un taux d’enseignants de moins de 30 ans dans les collèges publics qui est le double de celui des 10 % de communes au revenu médian le plus élevé.

Les ressources scolaires sont inégalement réparties sur le territoire français : le cas des langues vivantes

L’offre de langues vivantes n’est pas identique sur tout le territoire. En 2015, au collège, l’offre de langues vivantes peut varier de 2 à 7 selon les établissements, alors que la moyenne nationale est de 3,1 langues proposées par collège. Les Yvelines, les Alpes de Haute-Provence, le Bas-Rhin, Paris et le Rhône sont les départements qui ont les établissements qui offrent le plus de langues.

Des inégalités dans la réussite aux examens

La réussite au DNB est inférieure de la moyenne de 10 points dans les 10 % des communes au revenu médian le plus faible, en 2016 (80,6 %, vs 90,7 % dans les 10 % de communes au revenu médian le plus élevé).


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