Baccalauréat


En juin 2016, le Cnesco a publié un dossier complet afin d'apporter un éclairage sur les grands débats autour du baccalauréat.

Contexte

Faut-il supprimer le baccalauréat ? 

Chaque année les débats renaissent autour du baccalauréat. Ces interrogations donnent lieu à de nombreux échanges.

Pour dépasser les idées reçues sur le baccalauréat et éclairer de nouveau les débats qui l’entourent, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) présente un dossier de synthèse, à partir de :

  • comparaisons internationales ;
  • constats tirés d’enquêtes statistiques ;
  • synthèses de recherches.

Dossier de synthèse

Le bac est-il une singularité française ? Favorise-t-il l’apprentissage des élèves ? Quelle est la place des options dans l’explosion des mentions ? Le bac s’est-il vraiment démocratisé en France ? A-t-on les mêmes chances d’avoir son bac partout ? Faut-il baisser le coût du bac ? Permet-il de poursuivre des études ? Permet-il de trouver un emploi ? Le Cnesco répond aux débats récurrents sur le baccalauréat.

Le bac est-il une singularité française ?

Alors que le baccalauréat fait l’objet chaque année de débats sur sa suppression, ce modèle d’évaluation nationale externe aux établissements scolaires s’est fortement développé depuis 20 ans dans les pays de l’OCDE, sous la pression des demandes des parents, des universités et des entreprises. Le Cnesco présente des exemples de pays historiquement acquis au baccalauréat, comme la Finlande, de pays qui s’y sont convertis récemment, comme la communauté française de Belgique ou l’Autriche, et de pays qui ont choisi d’autres solutions (États-Unis, Japon, …).

Le bac favorise-t-il l’apprentissage des élèves ?

Les recherches sur les effets des examens nationaux, conduites depuis 15 ans dans les pays de l’OCDE, montrent que leur présence permet à la fois une élévation générale du niveau scolaire des élèves et une réduction des inégalités à l’école. Cependant, pour atteindre ces effets vertueux, ces épreuves doivent remplir un ensemble de conditions pédagogiques : porter sur un champ de contenus d’enseignement large, proposer des épreuves permettant d’évaluer des compétences complexes, … À l’inverse, dans le cas d’examens nationaux trop pointus utilisant des modalités d’évaluation trop simples (QCM, par exemple), des effets négatifs peuvent apparaître.

Quelle est la place des options dans l’explosion des mentions ?

Le choix d’une option au baccalauréat général correspond à un phénomène désormais massif du fait de leur régime de notation très avantageux. Si l’on considère l’ensemble des élèves, son effet sur la réussite au baccalauréat est faible. En revanche, elles participent de façon très significative aux bonnes performances des très bons élèves.

  • Un candidat sur quatre ayant décroché une mention « Très bien » y est parvenu grâce à un choix stratégique d’options.

Le bac s’est-il vraiment démocratisé en France ?

Si le nombre des bacheliers a très fortement progressé depuis 20 ans, cette massification s’est traduite par une démocratisation en trompe-l’œil. C’est principalement le baccalauréat professionnel qui a permis cette massification, le baccalauréat général s’est peu ouvert numériquement et socialement. Nous sommes confrontés à un phénomène de « démocratisation ségrégative », chaque voie d’enseignement (générale, technologique et professionnelle) accueillant des publics forts différents. À des inégalités verticales (tous les jeunes n’ont pas le bac) se sont substituées des inégalités horizontales (beaucoup de jeunes ont le bac mais pas des bacs de même valeur).

A-t-on les mêmes chances d’avoir son bac partout ?

Selon les académies, les probabilités de décrocher son baccalauréat divergent notablement. Certaines académies présentent des résultats plus faibles que la moyenne. C’est notamment le cas des académies de Créteil (83 % de réussite au baccalauréat en 2015), Amiens (85 %) et Aix-Marseille (86 %). D’autres académies ont, en revanche, des taux de réussite très importants, dépassant les 90 %. C’est notamment le cas des académies de Grenoble (91 %), Nantes (92 %), Rennes (92 %) et de Corse (92 %).

  • Il existe, en métropole, un écart de près de 10 points de réussite entre les académies.

Faut-il baisser le coût du bac ?

En 2010, une mission des inspections IGF-IGEN-IGAENR a estimé le coût de l’organisation du baccalauréat entre 90 et 100 millions d’euros, en intégrant les coûts directs et indirects. Ce coût estimé représente environ 140 € par candidat. Au final, le coût du baccalauréat représente environ 0,5 % du coût de la scolarité d’un lycéen sur trois ans.

Le baccalauréat comporte de nombreuses options qui représentent un coût supplémentaire pour cet examen. Certaines de ces options concernent un nombre très restreint d’élèves.

  • Un tiers des langues proposées au baccalauréat concernent moins de 50 élèves en France.

Le bac permet-il de poursuivre des études ?

Le baccalauréat, en France comme dans de nombreux pays de l’OCDE, constitue un double titre : il certifie la réussite des études dans le secondaire et se présente comme le premier titre ouvrant les portes des filières non sélectives de l’université. Mais derrière l’unicité de l’appellation « baccalauréat », les destins dans l’enseignement supérieur des trois familles de baccalauréat (général, technologique et professionnel) sont très différents. Si les bacheliers généraux réussissent bien dans l’enseignement supérieur, les bacheliers professionnels sont fortement handicapés dans leur réussite, même dans les filières de l’enseignement technique (BTS) qui leur sont davantage destinées.

Le bac permet-il de trouver un emploi ?

Les baccalauréats professionnels  ont été créés à l’origine pour permettre une insertion directe des bacheliers sur le marché du travail. Malgré quelques réussites ponctuelles, notamment dans certaines spécialités industrielles porteuses, les chiffres globaux sur l’insertion de ces jeunes bacheliers révèlent des taux de chômage très élevés, même trois ans après l’obtention de leur diplôme.

  • Sept mois après l’obtention d’un diplôme sous statut scolaire, 46 % des bacheliers professionnels sont au chômage.

La France est de plus marquée par une singularité au sein des pays de l’OCDE : c’est un des rares pays où les bacheliers professionnels n’ont pas d’avantages en termes d’insertion professionnelle par rapport aux bacheliers de la voie générale.