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Légitimation et régulation : deux ressorts de l’institutionnalisation des politiques éducatives

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À retenir

Christian Maroy s’interroge sur les conditions nécessaires à la mise en œuvre des réformes éducatives et à leur stabilité. Il se demande comment le changement porté ou imposé par les politiques peut devenir effectif et pérenne.

  • Les réformes scolaires sont complexes à engager. Dans nos sociétés, les institutions sont plurielles et interdépendantes : les politiques et réformes éducatives font ainsi l’objet de conflits, qui n’affectent pas seulement le champ scolaire. Par ailleurs, un certain nombre des difficultés rencontrées sont également liées aux caractéristiques institutionnelles et organisationnelles des réformes scolaires elles-mêmes : elles combinent à la fois des règles bureaucratiques standardisées et une autonomie professionnelle très forte nécessaire pour que l’enseignant puisse répondre aux besoins et spécificités des élèves, engendrant de fait une tendance au découplage*.
  • La première voie pour garantir la pérennité des réformes sur le terrain repose sur un processus de légitimation des réformes : la concrétisation d’une réforme suppose que les acteurs de terrain soient disposés à la mettre en œuvre et qu’ils décident de le faire au quotidien. Une triple légitimité est nécessaire : morale ; cognitive ; pragmatique. Les enseignants peuvent approuver une réforme d’un point de vue cognitif ou moral, mais un déploiement dans les classes sera peu probable si les changements paraissent impraticables au vue des contraintes matérielles et des ressources. Cette légitimité pragmatique est donc indispensable, et la favoriser suppose que les professionnels concernés soient associés dès la conception des réformes.
  • La seconde voie permettant de rendre effectives les réformes repose sur la mise en place d’outils pour réguler les pratiques pédagogiques au niveau local : compte tenu des tensions multiples qui traversent les sociétés, il est difficile de viser une légitimation complète des réformes. Les réformes doivent, d’une part, être ancrées dans des routines institutionnelles locales, et pour se faire, la mise en œuvre du changement doit être « distribuée » et non reposer sur la seule direction des établissements scolaires. D’autre part, l’utilisation d’outils numériques et statistiques de suivi des pratiques est nécessaire pour définir et caractériser les réalités scolaires, et ainsi définir, puis évaluer des « plans d’amélioration » pédagogique ou organisationnelle des écoles.

*Le découplage est défini par Draelants, Meyer et Rowan comme « une distance significative entre la présentation formelle de l’établissement et de son projet […] et le cœur de l’activité professionnelle, le travail au sein des classes […]. »