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À quels moments du processus d’enseignement des mathématiques les langues nationales interviennent-elles ? Regards croisés d’enseignants

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À retenir

Abou Bakry Kébé cherche à identifier les moments du processus d’enseignement des mathématiques où interviennent les langues nationales.

  • Le Sénégal est caractérisé par un plurilinguisme local. Dès les années 1970, six langues sont élevées au rang de « langue nationale » et d’alphabétisation (wolof, pulaar, sereer, joola, mandinka et soninké) ; en septembre 2023, on compte vingt-deux langues nationales sénégalaises.
  • Dès son accession à l’indépendance, le Sénégal a choisi le français comme langue officielle, de l’enseignement à l’administration ; suivant en cela d’autres pays francophones, le Sénégal s’est doté en 2021 d’un modèle visant à généraliser l’enseignement bilingue dans toutes les écoles primaires du pays à l’horizon 2027.
  • Une recherche qualitative menée auprès d’enseignants de mathématiques au secondaire (entretiens, observations de classe) montre l’existence de trois niveaux de complexité pour l’enseignement des mathématiques en langues nationales :
    • Un niveau sociolinguistique : les difficultés de compréhension du français des élèves et l’hétérogénéité linguistique (wolof rural / wolof urbain par ex.) questionnent le choix des langues à utiliser ;
    • Un niveau terminologique : tous les termes mathématiques existant en français ne disposent pas d’un équivalent en langue nationale ;
    • Un niveau logico-mathématique : le passage d’une expression dans la langue naturelle à un énoncé mathématique suppose une compréhension des structures conceptuelles et logiques sous-jacentes.