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RÉPUBLIQUE TCHÈQUE – Expertise et mise en œuvre des politiques éducatives

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Stanislav Stech analyse la mise en œuvre d’une politique d’éducation inclusive (tournée vers les enfants des minorités roms) menée en République tchèque. Entre l’amendement à la loi destiné à mettre en œuvre cette politique et son entrée en vigueur, des critiques ont émergé et un jeu de force s’est installé entre chercheurs, décideurs et experts médiatiques. Pourquoi cet amendement a-t-il provoqué de la résistance ?

  • Il n’y a pas eu de prise en compte du contexte éducatif de la République tchèque, pourtant peu favorable, à ce moment-là, à la mise en œuvre d’une politique d’éducation inclusive : émergence d’établissements privés qui favorisent un système de sélection précoce d’enfants considérés comme « doués » (riches en capital socioculturel), système décentralisé avec une très grande autonomie des établissements, des enseignants peu encadrés et sous-payés, et un contexte d’inégalités croissantes.
  • Par ailleurs, les arguments utilisés pour légitimer la mise en œuvre de cet amendement (Déclaration de Salamanque ; législation de la Cour européenne sur la discrimination systémique des enfants défavorisés en République tchèque ; comparaisons internationales, etc.) sont apparus comme déconnectés des réalités du terrain. La mise en œuvre a été vécue comme une pression idéologique étrangère. Les enseignants se sont sentis peu concernés, et ont considéré que la réforme était l’affaire des chercheurs et des éducateurs spécialisés.
  • Il n’y a pas eu d’interactions, de débats, de confrontations entre chercheurs, décideurs et experts médiatiques, ni de création d’organismes intermédiaires entre ces trois acteurs pour partager de la connaissance. Après avoir transmis des connaissances scientifiques sur l’éducation inclusive aux décideurs, les chercheurs n’ont pas endossé le rôle d’experts-médiateurs transformant ces connaissances en arguments politiques. Insuffisamment armés et soucieux de la mise en cause de la légitimité de la réforme, les décideurs ont réagi en fonction des humeurs de l’opinion publique. De nouveaux acteurs médiatiques ont alors émergé pour traduire cette connaissance scientifique et ont déplacé le débat (militants, médecins, célébrités médiatiques, réseaux sociaux représentant la voix organisée de l’opinion publique, politologues qui ont une expertise réelle dans un champ de connaissance, mais qui est très différent de celui de l’éducation inclusive, etc.).