Pratiques enseignantes
pour former des élèves lecteurs


Apprendre et enseigner la compréhension en lecture : que sait-on des pratiques efficaces ?
Maryse BIANCO, Université Pierre Mendès-France, Grenoble

À retenir

  • L’apprentissage continu de la lecture se fait à travers deux dimensions : une lecture fluide en contexte et une lecture stratégique (composante métacognitive).

  • Les pratiques efficaces d’enseignement de la lecture jouent sur trois dimensions : l’inscription du travail dans la durée, la multimodalité du travail et l’utilisation de l’oral, et l’explicitation, la structuration et la différenciation de l’enseignement.

  • Il est important de réussir à combiner la pédagogie explicite (directe) et la pédagogie constructiviste (démarche d’investigation) qui présentent une opposition paradoxale d’un point de vue scientifique mais sont en fait deux outils efficaces dans l’enseignement de la lecture.


Quelles pratiques enseignantes soutiennent l’apprentissage initial de la lecture ?
Roland GOIGOUX, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand

À retenir

  • Les performances finales des élèves sont plus fortement influencées par ce qui se passe en classe dans le domaine de l’écriture que dans celui de la compréhension de textes écrits.

  • Le temps consacré à la lecture à haute voix exerce une influence significative et positive sur les performances en code de l’ensemble des élèves, et plus particulièrement de ceux initialement faibles en code. Le choix d’un tempo rapide de la vitesse d’étude des correspondances grapho-phonémiques au début du CP est bénéfique car il accroît la clarté cognitive des élèves et leur capacité d’auto-apprentissage.

  • La variable « Manuel » ne permet pas d’expliquer les différences d’efficacité entre enseignants. Cependant les enseignants qui font lire des textes comprenant plus de 57 % de graphèmes déchiffrables sont plus efficaces avec les élèves initialement faibles en code.


Quelles sont les compétences requises pour comprendre un texte écrit et comment les enseigner à l’école primaire ?
Sylvie CÈBE, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand

À retenir

  • Si l’on veut réduire les différences d’efficience entre enfants de milieux sociaux contrastés, il faut, dès l’école maternelle, leur apprendre à produire des inférences et plus spécifiquement à s’interroger sur les états mentaux successifs de tous les personnages.

  • Ce sont bien les chercheurs qui doivent concevoir de nouveaux outils didactiques pour soutenir l’action des enseignants, mais il faut pour cela qu’ils acceptent de modifier leurs méthodes de conceptions en y associant étroitement − et dès le départ − les professeurs.

  • Un outil, même s’il intègre les connaissances scientifiques les plus récentes sur l’acte de lire et sur l’origine des difficultés des élèves, est voué à l’échec s’il s’avère trop éloigné des conceptions didactiques des enseignants, de leurs savoir-faire et de leurs pratiques d’enseignement habituelles.


Comment et pourquoi développer la compétence de lecture littéraire ?
Jean-Louis DUFAYS, Université catholique de Louvain

À retenir

  • Une recherche qualitative et descriptive riche qui a profondément modifié l’enseignement de la lecture et de la littérature mais une recherche quantitative ou expérimentale de grande envergure inexistante.

  • Une nécessité d’enseigner la lecture littéraire en favorisant tantôt la participation tantôt la distanciation, un équilibre des deux modes de lecture fondamentaux du début à la fin de la scolarité.

  • Un contexte saturé d’informations, il apparaît donc indispensable de développer chez les élèves des capacités leur permettant non seulement de s’immerger dans les textes, mais aussi de les analyser et les interpréter.