Conférence de consensus « Baisse démographique à l’école : prendre les devants ! »

Depuis plus de dix ans, le nombre de naissances baisse de manière continue. En 2025, près de 650 000 bébés sont nés en France ; en 2015, leur nombre s’élevait à 800 000. Cette évolution démographique a des retombées majeures sur les effectifs scolaires : déjà sensible dans le premier degré depuis 2017, elle est aujourd’hui visible dans les collèges et le sera bientôt dans les lycées. L’ampleur inédite de cette contraction et son inscription dans le temps suscitent aujourd’hui un nombre croissant d’initiatives, afin d’éclairer les décisions à venir sur les emplois d’enseignant, le maillage scolaire et l’organisation de la scolarité. Les enjeux sont majeurs pour les finances publiques et les dynamiques territoriales, mais aussi pour les enseignants, les élèves, leurs familles et tous les acteurs de l’école.

C’est dans cette perspective que le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (Crises) de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, l’Institut Français de l’Éducation (Ifé) de l’ENS de Lyon, le Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco) et l’Institut universitaire de France (IUF) organisent, les 1er et 2 février 2027, une conférence de consensus, consacrée à la question :

Cette conférence se donne pour objectif de rassembler, sur cette question, la pluralité des expertises – scientifiques et administratives – disponibles, en intégrant la diversité des enjeux et des approches disciplinaires. Les recommandations du jury permettront d’identifier les opportunités et les risques liés aux différents scénarios actuellement en débat.

Trois axes de réflexion

1

Nouvelles marges et nouvelles contraintes pour les enseignants et les élèves

À court et moyen termes, la nouvelle donne démographique va diminuer le nombre moyen d’élèves par enseignant, de façon plus ou moins marquée selon les territoires, les niveaux et les disciplines, et selon les décisions budgétaires qui seront prises au niveau national. Le débat public se focalise bien souvent sur un seul paramètre : la taille des classes. Pourtant, la modification de ce ratio élèves / enseignant peut être mise à profit pour améliorer les résultats des élèves par bien d’autres façons, via des dispositifs pérennes ou temporaires. Les décisions prises vont aussi affecter les conditions de travail des enseignants, le déroulement des carrières et l’attractivité du métier.

2

L’école : une place à repenser dans les dynamiques territoriales

En ville comme en zone rurale, l’évolution des effectifs d’élèves bouscule la manière d’occuper l’espace pour les familles, les acteurs du système éducatif, et leurs multiples partenaires : transformation des mobilités, adaptation du bâti scolaire et de ses usages, regroupements de services publics ou associatifs, etc. La baisse démographique, souvent perçue comme une menace, peut aussi ouvrir de nouvelles opportunités d’aménagement du territoire et de développement territorial.

3

Enjeux financiers et défis de gestion

À court et moyen termes, la baisse du nombre d’emplois d’enseignants peut être source d’économies pour l’État ; mais l’adaptation du bâti, de l’équipement et des réseaux de transport scolaire induira de nouveaux coûts pour les collectivités territoriales. À l’horizon d’une génération, l’amélioration du ratio élèves/enseignant peut aussi se refléter dans des gains de productivité, des salaires plus élevés, et des rentrées fiscales plus importantes, via l’amélioration des résultats scolaires, du niveau de qualification et de l’insertion professionnelle. Ces conséquences ne dépendent pas seulement des arbitrages politiques et des grandes orientations fixées par les gouvernements. Elles dépendent aussi de la capacité des services à adapter leurs processus et instruments de travail à une donne inédite.

Logos des partenaires de la conférence de consensus "Baisse de la démographie à l'école"