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Axe de conférence

Webinaire 1 : Quelles compétences les enseignants doivent-ils développer pour relever les défis du métier ?

Quels scénarios pour le métier d’enseignant dans les écoles estoniennes à l’avenir ?

Vidéo de l’intervention : Quels scénarios pour le métier d’enseignant dans les écoles estoniennes à l’avenir ?

À retenir

Maria Erss met en lumière les caractéristiques du modèle éducatif estonien et en analyse les évolutions à venir, en interrogeant les transformations des apprentissages, des compétences attendues et du métier enseignant.
Un modèle éducatif articulant autonomie et équité : le système estonien se caractérise par une forte capacité des élèves s’engager de manière autonome dans leurs apprentissages (responsabilisation précoce, place accordée à l’initiative), associée à une large autonomie des enseignants et des établissements dans l’organisation pédagogique. Cette autonomie s’inscrit dans un cadre qui garantit l’équité (gratuité des services essentiels, politiques d’inclusion), permettant de concilier performance globale et réduction des inégalités.
Des transformations structurantes face aux évolutions contemporaines : l’intégration de l’intelligence artificielle dans les écoles est appelée à transformer les pratiques (allègement des tâches routinières = davantage de temps pour les interactions pédagogiques), tandis que de nouvelles compétences deviennent centrales (renforcement du sentiment d’appartenance nationale et européenne, conscience climatique, maîtrise et protection des données, usage raisonné de l’IA). Parallèlement, l’organisation scolaire pourrait évoluer (groupes d’élèves constitués selon les intérêts, réaménagement des temps scolaires, développement de projets collaboratifs, évaluation par cycle).
Une redéfinition du métier enseignant : le rôle des enseignants évolue vers des fonctions de guide, de mentor et de coordinateurs des apprentissages (accompagnement des parcours, travail collectif, ouverture sur la société), traduisant une professionnalité élargie. Cette évolution s’inscrit toutefois dans des tensions persistantes (attentes sociales élevées vs ressources limitées ; autonomie professionnelle vs besoin de cadrage et d’accompagnement institutionnel), qui constituent des enjeux majeurs pour la mise en œuvre de ces transformations.

Référentiels de compétences professionnelles pour les enseignants : quels succès et quels défis liés à leur mise en œuvre en Australie ?

Vidéo de l’intervention : Référentiels de compétences professionnelles pour les enseignants : quels succès et quels défis liés à leur mise en œuvre en Australie ?

À retenir

Kairen Call analyse la mise en place des standards professionnels en Australie et leurs effets sur la structuration, la régulation et le développement du métier enseignant.
Un cadre national structurant et professionnalisant : dans un contexte de comparaison internationale des performances éducatives, l’Australie a mis en place les Australian Professional Standards for Teachers (APST), un cadre national qui organise la carrière autour de quatre stades (graduate, proficient, highly accomplished, lead teacher). Ce cadre repose sur trois dimensions clés (knowledge, practice, engagement), chacune déclinée en indicateurs précis permettant d’objectiver les compétences attendues.
Un outil aux finalités multiples, au cœur du pilotage du système : selon l’Australian Institute for Teaching and School Leadership, les APST visent à structurer l’ensemble du système : ils encadrent l’accréditation de la formation initiale, s’intègrent aux processus d’enregistrement des enseignants, soutiennent la progression de carrière et orientent le développement professionnel continu. Ils contribuent ainsi à renforcer la cohérence entre formation, évaluation et parcours professionnels.
Une tension entre régulation et développement professionnel : pensé comme un modèle hybride, le dispositif tend néanmoins à privilégier une logique d’encadrement (standardisation des attentes, conformité aux indicateurs), au détriment d’une approche davantage centrée sur l’accompagnement. Cette orientation limite la capacité des enseignants à s’approprier les standards comme leviers de développement professionnel, et réduit, en partie, la portée transformative initialement visée.

Quelle intégration de l’IA dans les compétences des enseignants en Corée du Sud ?

Vidéo de l’intervention : Quelle intégration de l’IA dans les compétences des enseignants en Corée du Sud ?

À retenir

Jieun Kiaer explore les conditions d’une intégration réussie de l’intelligence artificielle dans les systèmes éducatifs et ses implications pour les pratiques et les compétences enseignantes.
• Une intégration systémique et accompagnée de l’IA : l’exemple des manuels numériques à intelligence artificielle (AIDT) illustre une stratégie structurée (contenus adaptatifs, analyse des apprentissages, outils multimédias au service de la personnalisation). Leur déploiement repose sur le volontariat d’écoles pilotes, soutenues par des formations financées et des communautés enseignantes actives. Le développement professionnel est intégré au temps de travail, ce qui en assure la reconnaissance et la durabilité (plutôt qu’une surcharge).
De nouvelles compétences professionnelles à développer : deux compétences émergent comme centrales : l’équilibre et le soin (balance and care). L’équilibre renvoie à la capacité à arbitrer entre usage de l’IA et intervention humaine (identifier les situations où la technologie apporte une réelle valeur ajoutée). Le soin renvoie à l’attention portée aux élèves (qualité de la relation, prise en compte des besoins, accompagnement dans les usages), dans des environnements d’apprentissage technologiquement enrichis.
Un rôle enseignant redéfini, mais renforcé : l’IA ne se substitue pas aux enseignants, mais transforme leur rôle (usage critique des outils, guidage des élèves dans un environnement incertain, maintien d’une approche profondément humanisée). L’expérience coréenne montre que cette évolution est soutenable si elle s’appuie sur trois leviers (formation structurée, reconnaissance du travail, réseaux professionnels solides), permettant à l’IA d’enrichir les pratiques sans fragiliser la profession.