Webinaire 2 : Comment améliorer la collaboration entre les acteurs de la communauté éducative ?
Comment organiser les responsabilités et la collaboration entre les professionnels pour soutenir l’éducation inclusive ?
À retenir
Dario Ianes examine le modèle italien d’école inclusive, ses évolutions récentes et ses effets sur les pratiques pédagogiques et les dynamiques collectives.
• Un modèle inclusif ancien, mais encore en questionnement : depuis les années 1970, l’Italie a fait le choix d’une école pleinement inclusive, accueillant tous les élèves (handicap, troubles des apprentissages, besoins éducatifs particuliers) dans les classes ordinaires. Si ce principe est aujourd’hui largement garanti par le cadre législatif, sa mise en œuvre reste discutée (données encore limitées, débats sur une approche parfois trop médicalisée, formation insuffisante des enseignants de soutien, reconnaissance inégale de ces derniers).
• Une expérimentation systémique à l’échelle des équipes : dans la province autonome de Trente, une expérimentation menée dans plusieurs classes a reposé sur une logique collective (formation de base pour tous les professionnels, formation avancée pour les enseignants de soutien). Elle s’est traduite par des transformations concrètes (réorganisation des classes, apprentissage coopératif, projets créatifs, accompagnement métacognitif, usage d’outils multimédias), visant à mieux répondre à la diversité des besoins des élèves.
• Des effets positifs sans compromis sur les apprentissages : les résultats montrent qu’un haut niveau d’inclusion n’entraîne pas de baisse des performances scolaires (absence d’impact négatif sur les résultats). En revanche, des effets positifs sont observés (amélioration des compétences métacognitives, meilleure acceptation des élèves à besoins particuliers, renforcement de la coopération entre enseignants), suggérant que l’inclusion peut être un levier de transformation pédagogique et collective.
La collaboration enseignante au prisme des comparaisons internationales. Regards issus de Talis 2024
À retenir
Noémie Le Donné analyse les relations professionnelles au sein des établissements scolaires et leurs effets sur la satisfaction, la collaboration et la réussite des élèves.
• Une collaboration enseignante limitée, malgré une appétence réelle : les relations entre enseignants reposent à la fois sur la fréquence du travail collectif et sur le niveau de collégialité. Sur ces deux dimensions, la France apparaît en retrait : le travail en équipe reste peu développé et la collégialité a reculé ces dernières années. Pourtant, les enseignants expriment un intérêt marqué pour ces formes de collaboration, qu’ils associent à une meilleure satisfaction professionnelle. En début de carrière, cet enjeu est d’autant plus important que l’accompagnement reste limité, notamment en l’absence d’un tutorat structuré.
• Un rôle clé du pilotage des chefs d’établissement : les relations entre enseignants et chefs d’établissement influencent fortement les dynamiques professionnelles et la qualité du collectif. En France, les enseignants sont moins nombreux qu’ailleurs à percevoir un pilotage mobilisateur (responsabilisation sur les résultats, soutien au développement des compétences). Par ailleurs, la satisfaction au travail apparaît fortement liée à la qualité de la relation aux élèves, soulignant l’importance du climat scolaire dans l’expérience professionnelle.
• Une coopération encore limitée avec les parents : la collaboration avec les parents constitue un levier reconnu de réussite des élèves. Pourtant, elle reste peu développée en France (faible fréquence des interactions régulières). Cet écart avec les pratiques observées dans l’OCDE met en évidence un potentiel de renforcement des liens école-famille, au service des apprentissages et du suivi des élèves.



