Agir face au décrochage scolaire : bilan et préconisations du Cnesco

Le Cnesco publie un dossier de ressources complet sur le décrochage scolaire, suite à l’organisation d’une conférence de comparaisons internationales (9 et 10 novembre 2017) en partenariat avec le Centre international d’études pédagogiques (Ciep) et le Centre de recherche en éducation de Nantes (CREN – université de Nantes). Ce dossier comprend  :

État des lieux sur le décrochage scolaire : ce qu'il faut retenir

  • Des indicateurs multiples mais qui traduisent tous une baisse du décrochage scolaire

En 2016, environ 450 000 jeunes, entre 18 et 24 ans ne sont pas diplômés ou ont au plus le diplôme national du brevet et n’ont pas suivi de formation au cours de quatre dernières semaines, soit une baisse d’environ 100 000 jeunes par rapport à 2006. Les indicateurs du décrochage scolaire sont multiples. Certains organismes s’attachent à suivre les jeunes qui ne sont pas en emploi tel que l’OCDE avec le suivi des NEETs (jeunes non scolarisés, ni en emploi, ni en formation) tandis que d’autres vont s’intéresser au niveau de diplôme des sortants annuels comme la Depp ou encore EUROSTAT qui ne tient pas compte de la situation des jeunes par rapport à l’emploi.

  • Un écart renforcé entre les diplômés et non-diplômés qui trouvent du travail

Pour les jeunes non diplômés, les emplois occupés en début de parcours d’insertion se concentrent sur certains secteurs d’activité : construction, industrie, commerce et hébergement-restauration. Par rapport aux autres jeunes, ils occupent plus souvent des emplois précaires (contrats à durée déterminée et missions d’intérim) et à temps partiel. Enfin, le décrochage scolaire peut produire des effets durables sur les carrières des personnes notamment en matière de salaire.

  • Des inégalités territoriales marquées entre académies et au sein des académies

Le décrochage scolaire reste très présent dans les académies du nord (Lille, Amiens), d’Ile-de-France (Créteil) et du sud-est (Corse, Montpellier, Aix-Marseille) de la France. Une analyse fine, réalisée au niveau des cantons, met en évidence que la baisse globale du décrochage scolaire s’est parfois faite au détriment des territoires les plus en difficulté, augmentant ainsi les inégalités territoriales.

  • L’absentéisme : un premier pas vers le décrochage scolaire

Une étude originale menée par l’université de Liège pour le Cnesco, à partir des données PISA, met en évidence les facteurs multiples explicatifs de l’absentéisme, signe précurseur du décrochage scolaire. Ainsi, en France, 11 % des élèves de 15 ans déclarent avoir volontairement manqué l’école durant une journée, dans les deux semaines précédant l’enquête (OCDE, PISA 2015). L’« effet de pairs » (d’autres élèves de l’établissement s’absentent) et le sentiment d’injustice de la part des enseignants sont très liés à l’absentéisme. Des élèves qui ont un fort sentiment d’appartenance à leur établissement et ont plaisir à apprendre auront moins de risque de s’absenter.

Des préconisations pour agir plus efficacement face au décrochage scolaire

Éclairé par les évaluations produites par les chercheurs et le travail collectif de plus de 150 acteurs et décideurs de la communauté éducative, le Cnesco présente ses préconisations pour agir plus efficacement face au décrochage scolaire en France.

Ces préconisations s’articulent autour de trois orientations :

  1. En urgence, des actions dans les établissements visant les élèves les plus à risque dans la période de pré-décrochage ;
  2. Sur le long terme, des actions de prévention visant la qualité des enseignements et l’accompagnement des élèves ;
  3. Des recommandations améliorant le retour en formation des jeunes décrocheurs.

Qualité des apprentissages, aide à l’orientation mais aussi relations avec les parents les plus éloignés de l’école, amélioration du climat scolaire, développement de l’identité de l’établissement et du sentiment d’appartenance à l’école, attention à la santé, etc. les préconisations du Cnesco – pluridimensionnelles – montrent que la lutte contre le décrochage scolaire doit se développer selon une vision globale.