Bénévolat, projets citoyens, élections… les lycéens veulent-ils encore s’engager ?



Engagements citoyens des lycéens : enquête nationale réalisée par le Cnesco

Le Cnesco a mené une évaluation inédite sur l’éducation à la citoyenneté, les connaissances et attitudes civiques ainsi que sur les engagements citoyens des élèves. La dernière enquête de cette ampleur sur l’école et la citoyenneté avait été mise en place en 2005 par le ministère de l’Éducation nationale. À travers ce dossier, le Cnesco dévoile le premier volet de sa grande enquête nationale sur l’école et la citoyenneté (à paraître en 2019). Ce dossier interroge les engagements actuels et futurs des lycéens, dans leur établissement, dans la vie associative et, plus globalement, dans la société civile, afin de mieux comprendre leur rapport à la vie politique traditionnelle et aux institutions, ainsi que les nouvelles formes d’engagement citoyen qu’ils plébiscitent aujourd’hui.

Ce dossier synthétise les principaux résultats de l’enquête. Il s’accompagne d’un rapport scientifique présentant une analyse détaillée de l’ensemble des résultats de l’enquête sur les engagements des lycéens.

Le désenchantement de l'engagement citoyen traditionnel

Élection après élection, le constat est fait du désengagement des jeunes dans un vote systématique. Même si la France investit beaucoup, historiquement, dans l’éducation à la citoyenneté, l’enquête nationale inédite menée par le Cnesco montre une confiance modérée dans le système démocratique pour un élève de Terminale sur quatre. Précisément, 87 % des lycéens n’ont pas ou ont peu confiance dans les partis politiques et 78 % dans le gouvernement. Cette défiance des lycéens envers le gouvernement se retrouve dans les études internationales, où la France apparaît nettement en-deçà de la moyenne des pays de l’OCDE (sur les 15-29 ans).

L'avènement de l'engagement sociétal

Les lycéens ne sont pas, pour autant, désintéressés par l’idée de s’engager dans la vie de la cité. L’engagement associatif se développe énormément auprès des jeunes de moins de 35 ans et l’enquête du Cnesco confirme cet engouement dès le lycée. En effet, près de la moitié des lycéens sont engagés bénévolement dans des associations humanitaires et/ou de défense de l’environnement (44 %). Ils plébiscitent également des formes d’engagement plus revendicatives, à travers la signature de pétitions (71 %), la participation à des manifestations (62 %) ou encore le boycott de produits (58 %).

Les manquements de l'école

L’enquête du Cnesco montre un grand intérêt des élèves pour participer à la vie de la cité et faire entendre leur voix. L’école ne semble pas encore faire suffisamment dans ce domaine. Leur engagement dans le cadre scolaire se réduit encore trop souvent au rôle de délégués de classe et à leur présence dans les instances de gouvernance de l’établissement (25 % des élèves de Terminale ont déjà été délégués). De plus, les élèves ont le sentiment que leur avis n’est pas pris en compte. Enfin, les pédagogies actives d’éducation à la citoyenneté, tels que les projets citoyens, sont encore très peu développées au lycée (37 % seulement des élèves de Terminale y ont participé). Les autres activités proposant aux élèves de s’engager civiquement concernent un nombre limité d’élèves : 7 % ont des responsabilités dans une maison des lycéens, 10 % s’investissent dans un journal d’établissement  et 10 % dans du tutorat.

Une vigilance nécessaire sur certains groupes d'élèves

Si les lycéens présentent de façon générale des formes d’engagement civiques positives, certaines populations scolaires doivent attirer notre attention : les lycéens, le plus souvent issus de milieux sociaux défavorisés, ne déclarant vouloir participer aucunement à la vie de la cité sous quelque forme que ce soit ; les filles encore en retrait par rapport aux garçons sur certaines modalités de participation et, contre intuitivement, l’élite des lycéens qui déclarent d’excellents résultats scolaires mais envisagent des investissement citoyens très limités à l’âge adulte.


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