Mesure de la mixité


La mesure des mixités sociales à l'école : une problématique statistique mais aussi politique et éthique
Marc DEMEUSE, université de Mons, Belgique

À retenir

  • La Belgique est un pays très ségrégué : les élèves en difficulté scolaire sont souvent dans les mêmes établissements.

  • Le libre-choix des établissements d’enseignement accentue cette ségrégation, et polarise les inégalités via un écrémage et une aggravation des inégalités que l’on retrouve jusqu’à l’université.

  • La ségrégation peut être liée au statut socio-économique, au genre, à la nationalité, à l’ethnicité, aux caractéristiques académiques et scolaires, aux convictions religieuses, et être consciente et officielle ou inconsciente, mais les caractéristiques des élèves ne sont pas collectées (non-dit social) et le traitement de l’information n’est donc pas exact.


La mesure des mixités sociales à l'école : une problématique statistique mais aussi politique et éthique
Eva ANDERSSON, université de Stockholm, Suède

À retenir

  • Depuis 1992, l’école s’est libéralisée en Suède (choix et privatisation de l’école).

  • On constate en Suède une baisse dans les résultats PISA des élèves, ainsi qu’une corrélation entre la ségrégation au sein des écoles et les résultats obtenus ; ce qui pose la question de l’intégration des élèves primo-arrivants.

  • Il n’est pas certain que le libre choix de l’école bénéficie à tous les parents (inégalité d’information) et favorise la mixité, mais les informations ethniques, religieuses ou de langues ne peuvent pas (légalement) être collectées ou analysées : les études se fondent donc uniquement sur le fait que l’enfant (ou les parents) soient né à l’étranger.


Politique de collecte de données sur l'origine sociale et ethnique des élèves en Angleterre
Anne WEST, London School of Economics, Royaume-Uni

À retenir

  • Il existe des arguments contre la classification selon l’ethnie (la distinction selon la couleur de peau est inexacte, accroît les chances de discrimination, risque d’impliquer une discrimination systématique) mais également pour (les statistiques sont nécessaires pour isoler les discriminations et les combattre).

  • L’Etat anglais demande aux établissements de lui transmettre des informations (notamment l’ethnie) concernant chacun des élèves, afin de lancer des études permettant d’identifier les barrières à la réussite, d’élever les standards de l’éducation et de financer adéquatement les établissements.

  • La notion d’ethnicité est subjective et variable, un certain nombre de couleurs de peau et d’origine sont donc proposées d’abord aux parents puis aux élèves eux-mêmes, à compter de leurs 11 ans.


La mesure des mixités sociales à l'école : une problématique statistique mais aussi politique et éthique
Gabriel ROMPRÉ, Conseil Supérieur de l'Éducation du Québec

À retenir

  • Aux États-Unis, le débat sur les « ethnies » a commencé à la fin de la ségrégation officielle, avec la mise en place de quotas, de « discrimination positive » ou encore la perpétuation des écoles ségréguées de fait selon l’ethnie.

  • L’autorisation de la collecte de données concernant le milieu socio-économique et l’ethnie des élèves varie selon l’État et le débat public en cours, qui modifie sensiblement les lois en place.

  • Cependant, il est impossible de connaître l’effet de l’intégration socioéconomique sur l’intégration raciale sans bénéficier d’informations sur l’origine ethnique.