Rapport de l’Assemblée nationale sur le Cnesco : « une instance productive, indépendante et transparente »



L’Assemblée nationale (Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques) publie un rapport d’information sur « l’organisation de la fonction d’évaluation du système éducatif ». Ce rapport évalue notamment l’activité du Cnesco, jeune institution lancée en 2014 pour évaluer en toute indépendance les résultats du système scolaire. Le rapport s’appuie sur un processus d’étude long, nourri entre autres par des analyses de la Cour des comptes (2017).

« Une instance productive, indépendante et transparente »

Le rapport évalue très positivement le Cnesco qu’il qualifie d’ « instance productive, indépendante et transparente ». Il valorise la méthode originale d’évaluation des politiques scolaires du Cnesco qui associe des rapports scientifiques d’évaluation à une démarche participative avec la communauté éducative et la société civile, tout en soulignant les ressources budgétaires et institutionnelles limitées de cette jeune instance.

« Le Cnesco, en dépit de moyens limités […], est donc une instance prometteuse qui, en quatre ans, a réussi à mettre en place une méthode d’évaluation du système scolaire à la fois originale, scientifique et participative », souligne le rapport.

« Des documents de référence pour les décideurs et praticiens »

Ce constat s’appuie sur une analyse en profondeur des évaluations du Cnesco. Le rapport souligne l’ampleur de la production de rapports du Cnesco. Il met aussi en évidence l’intérêt des évaluations inédites qu’il a menées sur des sujets sensibles peu documentés jusqu’alors par les évaluateurs de l’école. « Le Cnesco a […] produit des évaluations qui lui sont propres, en particulier deux études, abondamment commentées, sur la ségrégation sociale dans les collèges et les lycées ».

« Au total, 21 des 57 publications du Cnesco sont des productions scientifiques spécifiques, qui, pour 30 % d’entre elles, utilisent des méthodes de recherche quantitatives », analyse le rapport. La contribution du réseau étoffé d’experts scientifiques du Cnesco est valorisée par le rapport qui souligne la participation aux travaux de l’organisme d’évaluation de « 250 chercheurs associés ».

Le rapport souligne également que si, tout au début de son mandat, l’évaluation des méthodologies d’évaluations n’a pas été au cœur de son activité, cette mission d’expertise est progressivement bien inscrite dans l’agenda du Cnesco (qui a ainsi déjà analysé les évaluations internationales PISA et TIMSS, le baccalauréat ainsi que les pratiques évaluatives des enseignants dans la classe).

Au total, le rapport conclut que les rapports produits par le Cnesco, sur « des sujets aussi complexes que les inégalités sociales à l’école ou le redoublement », « constituent des documents de référence pour les décideurs et praticiens ».

« Une nouveauté dans le paysage éducatif qui favorise la diffusion des évaluations »

La démarche participative est également valorisée par le rapport, qui souligne que par cette méthode d’évaluation originale, le Cnesco « contribue à la diffusion de la culture de l’évaluation au sein du système scolaire ». Il précise que « ce modèle collaboratif, qui parvient à réunir des praticiens, des universitaires et des représentants de l’administration centrale (soit 2 800 participants aux événements en présentiel), constitue une nouveauté dans le paysage éducatif, qui favorise la diffusion des résultats des évaluations et des préconisations […] et permet ainsi de répondre à la demande d’information exprimée par les acteurs du système éducatif ». Le rapport précise également que le Cnesco a étroitement associé à ces travaux les autres évaluateurs comme « les services du ministère de l’Éducation nationale, en particulier la Depp et les inspections générales, qui participent aux différentes étapes de l’organisation de ces manifestations ».

Un « souci de transparence » et des « évaluations indépendantes »

Le rapport insiste sur l’indépendance du Cnesco : « la capacité du Cnesco à développer des évaluations indépendantes est en outre avérée grâce à la participation, en son sein, de sept personnalités qualifiées issues de la recherche (dont la présidente), de parlementaires (deux députés et deux sénateurs) représentant différents groupes politiques et de deux membres du Conseil économique, social et environnemental ». La publication systématique de toutes les productions est de plus mise en évidence. « Le souci de transparence du Cnesco doit être souligné : c’est la première fois qu’une telle instance met toutes les contributions scientifiques qu’elle commande en ligne », précise le rapport.

Recommandations du rapport : renforcer les moyens et mission de coordination

Au total, s’appuyant sur ce bilan approfondi positif concernant les quatre premières années d’existence du Cnesco, le rapport appelle à un renforcement des moyens du Cnesco : il préconise de « prévoir des effectifs et des moyens de fonctionnement à la hauteur des missions du conseil ». Il recommande également de lui confier une nouvelle « mission de coordination et de régulation en matière d’évaluation du système scolaire ».


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