Inégalités sociales d’origine territoriales


En résumé

Le Cnesco a conduit une évaluation très fine des disparités scolaires d’origine territoriale en Île-de-France en se fondant sur la plus petite unité géographique établie par l’Insee, appelée IRIS, ce qui correspond plus communément à des quartiers urbains. Ce découpage permet de révéler des inégalités invisibles à des niveaux d’études plus agrégés (par exemple, le niveau communal). Cette évaluation a été complétée par un éclairage national des inégalités socio-spatiales à l’école.

Les deux évaluations révèlent que dans des contextes socio-spatiaux et démographiques inégaux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources (humaines, budgétaires, offre de formation…) qui s’avèrent très variables selon les territoires. Ces fortes inégalités de ressources éducatives se développent aux côtés de disparités importantes dans l’orientation et la réussite scolaire.


Chiffres clés

• En Île-de-France, la part des enseignants de moins de 30 ans et la part des enseignants non titulaires varie du simple au triple entre les territoires parisiens et les banlieues favorisés et les territoires cumulant le plus de difficultés socio-économiques (Cnesco, 2018).

• En Île-de-France, les collèges situés sur les territoires les plus défavorisés ont en moyenne un taux de stabilité des enseignants dans l’établissement presque deux fois plus faible que les établissements localisés sur des zones plus favorisées  (Cnesco, 2018).

• Au niveau national, la Seine-Saint-Denis se démarque largement des autres départements métropolitains en cumulant à la fois le plus fort taux d’enseignants de moins de 35 ans (53,4 %, contre 23,5 % en moyenne) et la part la plus faible d’enseignants présents dans l’établissement depuis plus de 5 ans (30,8 %, contre 50,9 % en moyenne) (Cnesco, 2018).

• Les 10 % des communes au revenu médian le plus faible ont deux fois plus d’enseignants non titulaires dans les collèges publics que les 10 % des communes au revenu médian le plus élevé à la rentrée 2016 (7,7 % vs 4,2 %) (Cnesco, 2018). 

L'opération du Cnesco

Le Cnesco a conduit, sous la direction de Patrice Caro, professeur de géographie à l’université de Caen et co-directeur du centre associé au Centre d’études de recherches sur les qualifications (Céreq) dans l’UMR-ESO, une réflexion sur le thème « Inégalités scolaires d’origine territoriale ». Le Cnesco a mené une évaluation précise des disparités scolaires d’origine territoriale en Île-de-France. Les données ont été recueillies sur 874 collèges publics (échantillon exhaustif des collèges publics de l’Île-de-France). Cette évaluation sur l’Île-de-France vient compléter une analyse sur les inégalités scolaires d’origine territoriale en France et prend appui sur six contributions.